jeudi 20 septembre 2018

> Le poème du jeudi (#71)




Il y a ce banc
à qui elle confie son sourire
pour qu’à son retour
reste la chaleur de l’inconnue.


Il faudra bien
qu’un réverbère
lui caresse la joue
quand dans ses poches
il n’y aura plus
que du pain rassis.


/


Isabelle Bonat-Luciani, in Quand bien même. Carnets du dessert de lune, 2016.

jeudi 13 septembre 2018

> Le poème du jeudi (#70)



Deux poètes
S'arrachent une couverture
Nuit misérable

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Yosa Buson, in Hiver. La Délirante, 2001. Traduit du japonais par Kumiko Muraoka et Fouad El-Etr.

jeudi 6 septembre 2018

> Le poème du jeudi (#69)




Les nuages apparaissent à la mémoire d’un jour approximatif, en dehors de savoir et de ne pas savoir c’est-à-dire par le hasard de la passion ainsi. Les nuages apparaissent à la mémoire d’un jour approximatif en dehors de savoir comment et de ne pas savoir pourquoi, en dehors de savoir pourquoi et de ne pas savoir comment, c’est-à-dire hop, calme avalanche de hop, par le hasard de la passion, ainsi.

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Boris Wolowiec, in Nuages. Le Cadran ligné, 2014.

jeudi 30 août 2018

> Le poème du jeudi (#68)




Résurrection


le soleil a passé
la main repose
on vient avec des mots légers
on est l’enfant silencieux
on ne connaît pas les pierres et les fleurs
la vie s’en va sans réponse
un dieu fragile s’établit dans les airs
heureuses choses évanouies

 /


Éric Sautou, in Le nom des fleuves. Le Dé bleu, 1999.

jeudi 23 août 2018

> Le poème du jeudi (#67)



Il grimpe à l’arbre
Mon amant vif

À la force des bras
Le bois mort éclate

Au soleil
Cueillir tout haut

Les voilà rouges
- J’aime aussi le ciel –

Ses yeux levés ses bras saisissant
Aucune échelle
Mais bien les branches entre ses cuisses

Je m’allonge donc
Comme éternellement

Tant mieux si les cerises tombent !

/

Ariane Dreyfus, in Iris, c’est votre bleu, Le Castor Astral, 2008.