jeudi 6 février 2020
> Le poème du jeudi (#143)
Femme Morte un dimanche matin
les cloches
les fenêtres qu’on ouvre qu’on referme
femme morte dans une verticale prend-elle moins de place
qu’à l’horizontale prendre le moins de place possible et
donner une chance au poids
attendre tout de l’homme qui tarde à se lever
et dans le même temps sentir la distance se creuser
au cinéma quand deux mains se tendent en bord de falaise
sans pouvoir se rattraper
manque quelques centimètres d’inconnu
quelques centimètres d’inconnu
quelques centimètres que le cœur aurait dû faire
nu déchargé de tout
/
Carol Vanni, in Femme Morte à la théière (récit). Esperluette Éditions, 2018.
jeudi 30 janvier 2020
> Le poème du jeudi (#142)
Nous ne mourrons pas seuls.
Nous emporterons tous nos dieux avec nous en Enfer.
/
Alexandre Gouttard, in « In extremis », L’Echarde, N°2. Avril 2019.
jeudi 23 janvier 2020
> Le poème du jeudi (#141)
Sorte de désert. Pour les vivants, pas de forme. Nous ressemblons à cette image que nous nous sommes donnée de la mort.
/
Agnès Rouzier, in Non, rien. Éditions Seghers/Laffont, 1974.
jeudi 16 janvier 2020
> Le poème du jeudi (#140)
Se réveiller quand même
avec la vision sonore
d’une demeure sans
chagrin, sans tache
indélébile, une demeure
qui aurait à peine vécu
où on aurait à peine su
babiller
se réveiller
/
Sabine Huynh, in Kvar Lo. Æncrages & CO, 2016.
jeudi 9 janvier 2020
> Le poème du jeudi (#139)
Planète plate (extrait)
La planète plate est une planète volante et mouvante et congruente. La planète plate est une sorte de perfection perfectible. Un rêve qui rêve à l’intérieur d’un rêve. Une platitude émancipatrice. Un rire au-delà des réunions du rire. La planète plate est un mystère qui s’étire et s’endort souvent. La planète plate est une respiration au milieu des étoiles.
/
Fabrice Caravaca, in Revue Catastrophes. Le corridor bleu, 2018.
jeudi 2 janvier 2020
> Le poème du jeudi (#138)
J’ai encore tiré à l’arc-en-ciel.
Un coup pour rien.
Un coup pour toutes les couleurs.
/
Anne-Emilie Philippe, in Matins - Livre à toaster le matin, imprimé en sérigraphie, février 2019, 50 exemplaires (Poésie thermotactile et apparitionnelle. Petit recueil vierge à passer au toaster, thermostat 1, pour révélation du texte. Expérience concluante, réalisée le 31 décembre 2019, un peu avant minuit).
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