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dimanche 27 novembre 2016

> Péter de blé, clafoutre aux poires et primaire de droite

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Les  deux derniers Très Précis de conjugaisons ordinaires sont donc arrivés sur Terre.
Vous ne savez pas ce que c’est ? Pourtant nous en parlâmes, parlâmes, parlâmes


Les derniers thèmes au programme sont L’Argent et La Gastromie. De quoi se mettre l’estomac à l’envers et l’eau à la bouche.





Côté Argent, on trouve de petites merveilles telles que les verbes (conjugués à tous les modes et tous les temps, comme il se doit) : Péter de blé (avec son savoureux imparfait du subjonctif : Que je pétasse de blé) ;  L’huissier au cul ; Interdire bancaire, Casser du siècle ou Robin des boire
Côté Gastronomie, on savourera notamment sans réserves Triper à la mode de Caen, Le croire et le cuire, Chicken tandoorire, Clafoutre aux poires et Pêcher Melba.

Étiez-vous à la librairie le Monte-en-l’air le 17 novembre dernier ? Non ? Eh bien tant pis pour vous. Car vous eussiez bien ri et pu admirer deux conjugo-slamo-performeurs en pleine ébullition. Vous eussiez goûté à la déclinaison collective du verbe Qui qu’en r’vouloir  ou seriez probablement restés bouche-bée devant la joute conjuguante des deux co-auteurs qui se sont loyalement (mais sans pitié) affrontés autour de Gros revenir et Petit salaire.

Alors voilà, en ce dimanche historique, nous n'avons pas pu résister, nous nous y sommes essayés. En manière d'hommage, nous leur offrons quelques extractions de la conjugaison d’un verbe de notre cru, Primaire de droite, pour lequel nous adopterons le paradigme du verbe Plaire.

God bless them !

INDICATIF

Présent
Je primais de droite
Tu primais de droite
Il, elle, on, ça primait de droite
Nous primaisons de droite
Vous primaisez de droite
Ils, elles primaisent de droite

Futur antérieur
J’aurai primu de droite
Tu auras primu de droite
Il, elle, on, ça aura primu de droite
Nous aurons primu de droite
Vous aurez primu de droite
Ils, elles auront primu de droite

CONDITIONNEL

Passé 2e forme
J’eusse primu de droite
Tu eusses primu de droite
Il, elle, on, ça eût primu de droite
Nous eussions primu de droite
Vous eussiez primu de droite
Ils, elles, eussent primu de droite

SUBJONCTIF

Imparfait
Que je primusse de droite
Que tu primusses de droite
Qu’il, qu’elle, qu’on, que ça primût de droite
Que nous primussions de droite
Que vous primussiez de droite
Qu’ils, qu’elles primussent de droite.

INFINITIF

Présent
Primaire de droite

Passé
Avoir primu de droite

PARTICIPE
Présent
Primaisant de droite

Passé
Primu de droite

IMPERATIF

Présent
Primais de droite !
Primaisons de droite !
Primaisez de droite !

Passé
Aie primu de droite !
Ayons primu de doite !
Ayez primu de droite !

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David Poullard et Guillaume Rannou

Très Précis de conjugaisons ordinaires
N°7, : L'Argent
N°8, : La Gastronomie


Éditions Le Monte-en-l'air.



mardi 10 mars 2015

> Bactérire et Récépisser

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Il n’y rien à faire. J’ai beau me dire que c’est toujours la même chose, que ce sera encore et toujours la même chose, que franchement, non, vraiment, quand même…
Il n’y a rien à faire, je n’y résiste pas.
 
On a déjà causé ici et des Très Précis de conjugaisons ordinaires de David Pouillard et Guillaume Rannou, alors je vous ferai grâce des mises en bouche…

J’ai réalisé il y a quelques semaines en passant au Monte-en-l’air que j’en avais raté deux, étourderie inconcevable, quand j'y songe, à laquelle j'ai aussitôt remédié.

Le numéro 4 conjugue dans les traces de l’Animal et le numéro 5 dans les effluves un peu aigres de la Migration.
























Il n’y a plus rien à dire. Il faut seulement se laisser passer à la moulinette des temps têtus et implacables…
Poisson rouge s’infinitive en «poisser rouge» et c’est ainsi que « ils, elles, avaient poissé rouges ». Pourquoi ce «rouges» ainsi affublé à tout va d’un pluriel ? Eh bien parce que c’est ainsi qu’en a décidé la matricielle première personne du pluriel de l’impératif du présent : «poissons rouges ! ».

On trouvera encore du «piger voyageur», du «flamer rose», du «godziller» ou du «boer constrictor» dont, allez savoir pourquoi, nous apprécions particulièrement la troisième personne du singulier et toute sa garde-robe de pronoms personnels : 

«Qu’il, qu’elle, qu’on, que ça ait boé constrictor »

Mais je dois reconnaître, que non loin de là, mon cœur flanche aussi pour un futur délectable qui résonne à comme une prophétie tragique : 

«Tu sanglieras des Ardennes »

Au prétexte d’un irréprochable subjonctif présent (1ère et 2e forme du singulier s’il vous plaît), nos deux conjugueurs nous offrent encore un savoureux «bactérire» - de quoi se taper sur les cuisses en plein hiver.

Et si «diplodocus» se transporte en un  troisième groupe grand cru («diplodocoire») avec le passé simple comme alibi («je diplodocus»), trône entre tout cela, un très pur «être humain» à déguster sous toutes ses formes comme une chanson de Villon.

De La Migration nous ne vous dirons rien. A peine vous en vaporisera-t-on, parce que nous ne sommes pas pas si cruels : 

«j’avais étrangé», 
« il aurait posté-frontière », 
« tu paleras de justice »,
« ayons visé long séjour ! ».

Voilà, c’est tout.

On en conclura donc que David Poullard et Guillaume Rannou sont des poètes.
Qu’ils mériteraient qu’on les enferme dans un collège à l'heure de la conjugaison.
Et que ça ne ferait pas du mal à tout le monde…













David Poullard et Guillaume Rannou

Très Précis de conjugaisons ordinaires
N° 4, L'Animal, avril 2014
N°5, La Migration, octobre 2014

Ed. Le Monte-en-l'air


Images 1 et 4 : (c)Redmer Hoekstra



mardi 24 décembre 2013

> Chanter populaire

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Nous avions signalé ici la parution de leur premier opus, qui, pour peu épais qu’il fût, concentrait néanmoins quelques petites merveilles. Le principe général du Très précis de conjugaisons ordinaires est simple mais allie avec bonheur la plus poétique loufoquerie à la plus grande rigueur. A partir d’un thème donné, on choisit un certain nombre de « locutions usuelles  contenant un verbe » ou « une forme assimilable à une déclinaison verbale ». Et après ? Eh bien on se concentre sur ce nœud verbal et l’on fait ce que tout verbe permet a minima que l’on fasse de lui : on le conjugue. A tous les temps, tous les modes, toutes les personnes.
 
Le premier volume du Très précis de conjugaisons ordinaires de Guillaume Rannou et David Poullard naviguait dans le champ sémantico-verbal du monde du travail. Ils  récidivent cette fois en s’emparant de la Chanson populaire. Ce ne sont pas moins de trente titres de chansons qui sont ainsi peignés dans le sens du verbe, avec une systématicité désarmante. La gamme est large et autorise la discrète  gaudriole tout comme l’hommage pudiquement ému. On y retrouvera aussi bien Tata Yoyo et Ne me quitte pas que Sex Machine, Be bop a lulla, Si tu vas à Rio ou La nuit je mens. C’est drôle, délicieusement obsessionnel, profondément inutile (1). Et tout comme son grand frère, ce second Bescherelle aux accents oulipiens sera source chez le lecteur addict au goût des mots d’une mystérieuse et tenace bonne humeur.
 

Peut-être Guillaume Rannou et David Poullard seront-ils un jour (qu’on leur souhaite lointain) panthéonisés pour avoir inventé « le comique de conjugaison ». Et s’il s’agit là d’une sous-catégorie du « comique de mots », elle pourrait bien, à force de persévérance, finir par conquérir une sorte d’autonomie radieuse par rapport à la maison-mère.
Ce qui est somme toute irrésistible dans ces conjugaisons, c’est finalement ce qui pourrait d’abord rebuter : leur systématicité. Une fois inventé/isolé le paradigme verbal du titre de la chanson, on pousse le geste jusqu’au bout. Les auteurs n’épargnent ni leurs efforts, ni leurs lecteurs. L’entrée se fait toujours par le noyau retenu, le titre de la chanson ne surgissant (en couleur de caractère rouge, selon une convention déjà mise en œuvre dans le premier livret) qu’à la place qui lui revient. Ainsi dans Tater Yoyo, il faudra attendre la troisième personne du singulier du passé simple (Il, elle, on, ça tata Yoyo) pour revoir étinceler devant nous une joviale chanteuse belge. Même chose, on le notera, pour Be-bop-a-luler… (la chanteuse belge en moins). Le Porcherie de Bérurier Noir réabsorbé en infinitif Porcherire, ne réapparaît donc qu’à l’occasion du subjonctif présent (Qu’il, qu’elle, qu’on, que ça porcherie).
Pour le reste, rien. Il suffit de se laisser porter. Le déclic se produit parfois à partir de quelques heureuses désinences, qui réentendues au son de la chanson ainsi décalée, ne manquent pas de surprendre ou de crépiter. Si l’on voit bien tout ce qui peut nous attendre dans la suite de Sex machiner ou de Tater Yoyo, ça se joue parfois ailleurs. Notamment dans le cortège qu’embarque à sa suite le verbe à proprement parler. Si Ne me quitte pas ou Je suis venu te dire que je m’en vais parlent à tous les cœurs et à toutes les oreilles, les déclinaisons de Ne pas me quitter ou Venir te dire que je m’en vais produiront de joyeuses protubérances, perturbantes pour le sens. Nous ne m’aurons pas quitté(e) ou Tu viendras te dire que je m’en vais nimberont immanquablement d’un velouté complexe et raffiné le topos de la rupture amoureuse…
Que dire, ailleurs, de Je me serai senti(e) que c’est toi ou de Je me fusse fait mal Johnny, Johnny… En ce qui me concerne c’est l’adjectif « réjouissant » qui me vient à l’esprit, mais, je vous l’accorde, tous les goûts sont dans la nature. Et l’on pourra sans rougir se laisser porter par d’autres refrains. D’ailleurs je ne crache pas non plus sur certains mets plus familiaux, voir légèrement trop épicés tel ce roboratif présent du subjonctif (première personne du pluriel) :
«Chauffeurs, que si nous soyons champions»
Il y en aura pour toutes les bouches et pour tous les souvenirs musicaux. De Rock lobster à Alexandrie alexander, de Helter skelter à Heeey, macarener.
C’est parfois joliment tiré par les cheveux (mais toujours, une fois posé le syntagme de départ, scrupuleusement conjugué), et parfois d’une belle simplicité, comme cette aérienne et néanmoins révolutionnaire déclinaison de Ah, aller, aller, aller (le très logique passage à l’infinitif de notre Ah, ça ira, ça ira, ça ira national.)
M’approchant tranquillement mais sûrement de cette phase de l’existence où l’on « en a » tout de même un peu plus derrière que devant, j’avoue éprouver  une tendresse particulière pour le magnifique slogan piafien conjugué à toutes les sauces :
« Non, ne rien regretter »
Alors bien sûr, il y a un risque. Celui de se prendre au jeu et de prolonger le livret en jetant ses propres chansons sur la table à conjuguer. Si vous croyez demain entendre votre voisin de métro balbutier «Que je suis triste Venise, que tu es triste Venise…», peut-être n’aurez-vous pas rêvé.
Nous attendons donc la suite, promise à d’autres horizons conjuguants…
Le Temps, l’Animal, la Migration, la Gastronomie, le Nom propre, le Sexe, le Végétal.
Et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.
D’ici là, Joyeuses Pâques à tous...
 ***
(1) En parlant ici d’inutilité, j’agis à des fins polémiques et espère donner aux pédagogues inspirés motif à s’insurger. Car je ne doute pas qu’ils se sont déjà saisis de la formule pour réveiller les papilles verbatives de celles de leurs brebis que le plus vieil exercice de français de l’histoire de l’Ecole aurait commencé à assoupir dangereusement.
 
 
 
 
 
 
 
 
David Poullard, Guillaume Rannou, Très Précis de conjugaisons ordinaires (N°2) - La chanson populaire. Le Monte-en-l'air / BBB centre d'art. 2013.
 
Images : 1) Piaf / 3) Librairie le Monte-en-l'air.

mercredi 25 janvier 2012

> Flux tendre

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Alors que la question du temps de travail fait régulièrement l’objet de polémiques animées, c’est «aux» temps du travail que s’intéressent quant à eux Guillaume Rannou et David Poullard dans le 1er numéro de leur Très précis de conjugaisons ordinaires : un livret aussi ensoleillé qu’insolite, publié par les Editions du BBB, qui joue sur les potentialités de la langue et des locutions ordinaires liées au champ sémantique du travail… Le résultat est un ouvroir portatif de conjugaisons potentielles d’une salubre drôlerie. Nous en recommandons d’ailleurs la distribution gracieuse à l’entrée des bouches de métro et à la sortie des entreprises, tant pour l’édification grammaticale des masses laborieuses que pour le réveil en fanfare des mots dormants qui nous encerclent…



Conjuguer est un art qui se cultive, dit-on. Sur ce chapitre, la langue française papillonne de règles corsetées en exceptions notables, de formes inusitées en licences inattendues… Notre langue n’est pourvue ni de la grâce singulière du subjonctif futur portugais, ni des nuances diachroniques du preterit perfect…Mais elle n’en affiche pas moins une palette de formes verbales digne d’un menu cinq étoiles. Et qu’on le veuille ou non, Monsieur Louis-Nicolas Bescherelle fut un peu notre grand-père à tous. Si personne n’a vu son visage, tout le monde se souvient de sa bible de poche, qui a dû faire l’objet de rééditions plus fréquentes encore que l’Attrape-cœurs de Salinger ou La gloire de mon père de Pagnol.

Il y a quelque chose comme un clin d’œil patiné aux précis d’autrefois, dans l'opuscule de David Poullard et Guillaume Rannou. Passé la couverture aux allures de flamboyant manifeste, on se retrouve un peu dans la papeterie de notre enfance, juste au coin de l’école. Choix des polices, agencement des tableaux, petites notes en bas de page…

Oui mais voilà, l’école est finie et maintenant, on bosse…
A dire vrai, on ne fait que ça. Quand on ne se demande pas plutôt quand et si cela nous échoira un jour.
Le boulot, le taf, le turbin, voilà une réalité qui génère une profusion de phénomènes qui changent, qui passent et qui parfois s’arrêtent. Et notamment des mots. Des mots sauvages qu’on nous colle dans la bouche tant et si bien qu’on finit par croire qu’ils y ont poussé tout seuls… Des mots, des expressions, des locutions qui tapissent notre palais de chiendent, relayés par la presse gouailleuse ou spécialisée, la télé, les collègues devant la machine à café ou dans les files d’attente de Pôle Emploi. Alors ces mots-là, pourquoi ne pas les prendre un peu au sérieux, au-delà même de ce qu’ils demandent ? Pourquoi ne pas les bescherelliser, les botomiser, leur insuffler du verbe dans la cage thoracique, les faire tinter à toutes les sauces de tous les temps ? David Poullard et Guillaume Rannou en ont choisi trente-deux pour nous montrer le chemin. Une belle mâchoire de locutions. Et ces locutions, cueillies à la surface du monde professionnel, sont ensuite passées à la moulinette de la traditionnelle conjugaison.

Certains sont des verbes (bosser, manifester, dégraisser), déjà consacrés par le dictionnaire, et qui n’ont rien de très nouveau. Si ce n’est la joyeuse bandes de locutions verbalisées qui les entoure : fiche paye, haut revenir, ouvrier, rmir, rser, cadre diriger, pauser clope, moyenner finance, etc.
Puis on y va, à tous les temps de l’indicatif, du conditionnel, du subjonctif, de l’impératif. Sans oublier l’infinitif et le participe. Et il se trouve que quand on lit tout cela de bout en bout, c'est drôle, très drôle. Le principe est simple comme bonjour et pourtant ça marche, ça surprend et ça grince.

Nous flux tendîmes, que je tradasse, aie moyenné finances, j’eus pu d’achat, nous cadre dirigeons

Les couverts sont mis...

Petite délicatesse supplémentaire : les caractères en rouge rappellent dans chaque tableau de conjugaison où se situerait la matrice de l’émulsion verbale. Trader vient de son infinitif ; moyenner finance de son participe présent ; grever de son présent de l’impératif...

Un petit clin d’œil à Bescherelle mais un gros à Perec… Il y a quelques jours, Guillaume Rannou m’expliquait que son intérêt pour les locutions ordinaires lui était notamment venu de la vision stimulante que l’auteur de La vie mode d’emploi développait de l’infra-ordinaire :

«Non plus l’exotique, mais l’endotique. Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvait éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons.»

Et pour ce qui est du petit monde de l’entreprise, on n’oubliera pas non plus que Perec nous a tout de même laissé l’Augmentation. Une pièce où  il s’amuse autour d’une scène de genre professionnelle, la demande d’augmentation de salaire, en la déclinant selon ses multiples argumentations possibles.

David Poullard est graphiste et typographe, Guillaume Rannou comédien. Prédétermination perecquienne, les deux auteurs se sont rencontrés dans la cage d’escalier de leur immeuble il y a une dizaine d’année. C’est dans ce lieu propice aux confidences qu’ils ont découvert leur un intérêt commun pour ce que Guillaume Rannou appelle les «tentatives d’étirement du français figé». Une passion autour de laquelle ils développent depuis ce jour différents projets d’exposition, publications, performances.

Pour ce qui est du Précis de conjugaisons, le coup d’envoi laisse en tout cas augurer de plaisants étirements qu’il nous tarde déjà d’ânonner.

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Dans les usines de cigares de la Havane, il n’était pas rare qu’un lecteur lise des romans de Hugo ou de Zola aux ouvriers pendant qu'ils travaillaient. Alors lequel de nos candidats, par ces temps de promesses hautement révolutionnaires, portera plus modestement à son programme social l’introduction d'un «quart d’heure syndical de la conjugaison déconnante» ?



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
David Poullard, Guillaume Rannou, Très Précis de Conjugaisons ordinaires (N°1) - Le Travail. BBB/Fais-moi de l'art/Les éditions. 2011.
 
Images : 1) Charlie Chaplin, Les Temps Modernes (source) / 3) Louis-Nicolas Bescherelle (source)